Facebook et le télétravail

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Facebook est peut-être l’entreprise la plus emblématique de notre génération, car elle concentre ce que l’on peut faire de mieux en termes de service, d’acquisition client et business, mais elle cristallise également de nombreuses problématiques liées à l’émergence et l’hégémonie des entreprises de la Tech. Ainsi ce grand succès a été accompagné de questionnements sur son pouvoir monétaire et d’influence, la plateforme ayant à elle seule menacé toute la structure démocratique des plus grands pays.

Le Covid-19 comme étincelle

Durant la crise du Covid-19 et le confinement associé, l’entreprise n’a pas lésiné sur les moyens en prenant des mesures radicales qui ont rapidement été suivies par les autres boites Tech (comme Google ou Apple). Même en sortie de pandémie, le discours n’avait pas changé dans la bouche de son PDG Mark Zuckerberg, la plateforme à l’ambition de devenir “l’entreprise la plus en avance” sur le télétravail. Tout cela prend racine dans les mesures phares du plan de lutte contre le coronavirus, qui ont été prises dès le début de la crise sanitaire, avant même la seconde vague et le désastre que l’on connaît aujourd’hui aux Etats Unis. 

Les mesures phares 

La mesure la plus partagée concerne évidemment les événements, ici ceux de plus de 50 personnes. La firme a ainsi décidé que dans tous les cas de figure, même les plus optimistes, aucun événement de ce type ne prendrait place avant juillet 2021.

Dans le même temps, pendant toute l’année 2020, 95 % des effectifs de l’entreprise seront en télétravail. Une entreprise mondiale comme Facebook est évidemment préparée aux échanges longue distance et à la gestion des créneaux horaires. Pourtant son ambition jusqu’à aujourd’hui était plutôt celle de la concentration en allant vers la construction d’un siège social toujours plus grand “Facebook City” et ses 10 000 habitants-employés. Les économies sur les structures sont également un vrai facteur de décision pour l’entreprise qui aurait évidemment moins de locaux à sa charge.

Montrer le campus de facebook
L’immense campus de Facebook à Menlo Park

Mark Zuckerberg, le fondateur du réseau social, a annoncé que dans les 10 prochaines années, 50 % des équipes seraient amenées à travailler depuis leur domicile, cela représente environs 25 000 personnes. Lors d’un sondage interne, l’entreprise a remarqué une opposition importante entre ses employés, si 50 % d’entre eux rêvaient d’une vie en télétravail complet, entre 20 et 40 % voulaient absolument passer la majeure partie de leur temps au bureau.

Impact interne du télétravail généralisé

L’entreprise a aussi été la première à parler des sujets qui fâchent : les salaires. Tous les cadres et employés qui voudront partir de la Silicon Valley verront leur salaire diminué en conséquence et indexé sur leur nouveau lieu de vie. C’est la politique qui sera appliquée que celles d’un pays à l’autre, mais largement affinée, par exemple pour aménager des lieux de travail ergonomiques.

La Bay de San Francisco où se trouve un grand nombre des employés de Facebook est particulièrement connue pour être un monde à part ou les salaires et les prix défient toute concurrence, entraînant de nombreux problèmes d’urbanisme et de mobilité. Un effet positif de la proposition de télétravail et de départ de la Valley qui est faites à ses employés sera la fin de la concentration de la richesse et l’explosion des inégalités dans un espace qui était devenu hors du monde. Ainsi, toute la valeur créée par Facebook et redistribuée à ses salariés pourra être plus également répartie sur les territoires. On peut imaginer que si la tendance était plus globale on assisterait à un rééquilibrage économique et d’innovation aux moins aux Etats Unis.

Les avantages de ces décisions

Dans le même temps, c’est une très bonne opération pour Facebook qui garde ses talents à un prix moins élevé. La concurrence des cadres de la Tech et chercheurs était déjà largement digitalisée, mais aussi soumise aux enjeux politiques et d’immigration des pays. On a vu la Californie se lever au moment de l’élection de Donald Trump et le durcissement de la politique d’immigration des Etats Unis. En effet les grandes entreprises technologiques sont particulièrement internationales et accueillent un grand nombre d’étrangers, une façon de fonctionner qui était de plus en plus difficile.

Le télétravail remet de l’égalité mondiale dans la concurrence pour le travail. L’égalité des chances dans les carrières a été mise en avant par l’entreprise, en même temps qu’une meilleure rétention des personnes qui doivent déménager pour des raisons personnelles. Plus largement on comprend que la souplesse apportée par le télétravail va permettre à l’entreprise de se donner les moyens de ses ambitions pour tenter l’expérience d’un monde plus ouvert et mixte.

Facebook a décidé de bousculer largement ses méthodes de recrutement. Dans ce sens de nombreux entretiens se feront entièrement en ligne. Ce qui pourrait donner lieu à la création de nouveaux outils internes. L’entreprise était déjà entrée sur le marché du B2B avec son intranet Facebook Workplace, on peut imaginer que tous les process et outils que l’entreprise va développer pour sa propre transformation pourront inspirer des applications et produits, qui pourront devenir des opportunités de marché.

Les entreprises de la Tech sont montrées du doigt de toute part, et 2020 a aussi été l’année où leur impact sur la planète a été le plus critiqué. Bien que l’écosystème soit vaste et beaucoup de start-up cherchant à faire le bien. Entre les serveurs, le hardware proposé et les déplacements des employés. Alors Mark Zuckerberg n’a pas hésité à utiliser ce changement d’organisation comme un argument en faveur d’une meilleure appréciation des enjeux écologiques, car il était plus facile de déplacer “des octets en vidéos que des atomes coincés dans les embouteillages”. Ainsi de plus en plus d’employés de la firme pourront préférer utiliser des outils de visio au déplacement physique.

Une renouveau pour l’entreprise ?

Pour conclure, on peut dire Facebook a largement profité de cette situation pour remettre à plat sa stratégie d’entreprise et se placer comme un leader dans le “Future of Work” même si de nombreuses autres entreprises ont fait des démarches similaires, c’est bien Facebook qui incarne le mieux cette transformation, par sa force de frappe et son nombre d’employés concernés.

On ne peut pas croire au seul coup de communication, même si cela en est un retentissant, autant qu’un replacement des valeurs de l’entreprise qui avaient un peu de mal à s’incarner dans la stratégie globale. Suite aux nombreux scandales à répétitions qui touchent l’entreprise, voire même les boycotts qui suivent des décisions considérées comme politique, on peut dire que Facebook assume au moins ce rôle positif. Qui sait peut être que demain cette nouvelle organisation lui permettra d’engager de nouveaux talents qui participeront à la transformation de l’entreprise vers un modèle plus sain.

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